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L'association des "amis du prieuré de Lagrange" de Durance a pour but de valoriser cet édifice médiéval classé au titre des monuments historiques en organisant l'accueil des publics sur le site et en favorisant sa restauration.

01 Jun

Les Prémontrés du Prieuré de Lagrange

L’ORDRE DES CHANOINES REGULIERS DE SAINT AUGUSTIN

« Chanoine » vient du latin « canonicus » qui désigne un clerc vivant selon une règle ou un « canon ». Le terme « canonicus » est issu du grec kanonikos kanôn, « canon ». Le mot grec désigne une tige de roseau. Or, dans l’antiquité, les tiges de roseau servaient d’instrument de mesure. On est donc passé au sens de ce qui est « mesuré », organisé par une règle. Ainsi le chanoine est un prêtre soumis à une « règle », vivant au sein d’une communauté ou chapitre et desservant une cathédrale ou une collégiale.

Actuellement on établit une distinction entre « chanoines réguliers » et « chanoines séculiers »

Les chanoines réguliers constituent une famille religieuse apparue au XIème siècle et généralement soumise à la règle de Saint Augustin. Ils sont liés par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Ils se distinguent des moines par le fait qu’ils assument la charge pastorale d’âmes au sein d’une église paroissiale, alors que les moines vivent retirés du monde. Les chanoines réguliers sont donc des religieux menant une vie de prière, vivant en communauté sous une règle- généralement celle de Saint Augustin- et exerçant un ministère pastoral.

Les chanoines séculiers sont des prêtres diocésains nommés par l’évêque .

A la différence d’autres Ordres (par exemple l’Ordre bénédictin), les chanoines réguliers n’ont pas de véritable fondateur, même si saint Augustin peut être considéré, à juste titre, comme le grand inspirateur de l’Ordre canonial.

Il est difficile de réduire la vocation des chanoines réguliers, qui vivent dans l’Eglise, à la seule soumission à deux grandes traditions ecclésiales : d’une part la prière et la vie conventuelle des grands Ordres contemplatifs, et d’autre part une activité pastorale au sein de l’église diocésaine.

Ce lien entre la vie de contemplation et le service de l’église a été fort bien résumé par Alain de Solminihac, Abbé de Chancelade, puis évêque de Cahors, qui voyait dans la vocation canoniale deux exigences, « l’une qui regarde Dieu et l’autre qui regarde le prochain. »

Une version courte appelée « Ordo Monasterii » (= Ordo Novus) très sévère et qui est essentiellement suivie par les chanoines privilégiant la vie contemplative, par exemple Prémontrés et Arrouaise.

Une version longue, plus connue sous l’appellation de « Praeceptum » ou » Regula ad servos Dei » (= Ordo Antiquus) qui est suivie par les chanoines réguliers appelés à des activités plus pastorales.

A quelques nuances près, la distinction entre l’Ordo Novus et l’Ordo Antiquus pourrait se comparer à celle existant entre les cisterciens et les bénédictins.

En outre la vocation canoniale est double : elle concilie vie contemplative et vie active.

Par leur histoire et par leurs références spirituelles, les chanoines réguliers partagent leur vie entre des moments de prière individuelle et communautaires et des activités pastorales, à savoir : dessertes paroissiales, missions sociales et caritatives, fonctions éducatives, missions dans les pays lointains.

C’est dans ce contexte réformateur que Saint Norbert fonde la communauté canoniale de Prémontré, et pose les fondements d’un ordre appelé à une grande destinée dans l’histoire de l’Église et dans la civilisation de l’Europe. Les Prémontrés ne sont donc pas des moines, mais des chanoines réguliers, c’est-à-dire des prêtres et des diacres vivant en communauté sous la Règle de saint Augustin, dans la mise en commun de tous leurs biens, pour se vouer au service de l’Église, avec pour modèle la communauté des Apôtres réunis autour du Christ. Depuis la fondation de l’ordre, les abbayes prémontrées comptent des frères pleinement membres de la communauté, sans accéder au sacerdoce. Ces frères que l’on appelait autrefois “convers”, c’est-à-dire “convertis”, jouent un rôle significatif dans les diverses activités des abbayes. Certains ont été de brillants architectes et des artistes de renom. D’autres ont contribué efficacement à l’établissement de nouvelles fondations dans les pays de mission, notamment en Afrique et en Inde.

À la Révolution française la plupart des abbayes disparaissent ; comme les autres religieux, les prémontrés doivent quitter leurs abbayes. Leurs biens sont confisqués et vendus comme « biens nationaux ».

Les Prémontrés du Prieuré de Lagrange
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